Bienvenu.e.s sur le site Borderline-Anxiété-TCC : B.A.T. !

Vulgarisation de la recherche en psychologie clinique par des chercheuses.eurs – cliniciens.nes

Comprendre et soigner : de la recherche à la psychothérapie

Avec ce site, nous souhaitons partager de manière accessible des connaissances scientifiques récentes sur certains troubles psychologiques et sur les approches psychothérapeutiques développées pour les soigner. Nous sommes animés par des valeurs de démocratisation de la connaissance et de (ré)appropriation de la connaissance de soi. Nous pensons que mieux comprendre les processus automatiques qui nous habitent peut nous aider à nous en affranchir.

L’approche processuelle

Considérer le trouble psychique comme un niveau extrême d’un processus humain normal.

Nous envisageons ici les troubles psychiques à partir d’une *approche processuelle*. C’est à dire que nous nous intéressons aux processus psychologiques humains et à comment, certains de ces processus, lorsqu’ils sont déficitaires ou trop actifs, peuvent entraîner des problèmes psychologiques voir des troubles psychiatriques graves.

Cette approche centrée sur les processus va de pair avec une *approche dimensionnelle* des troubles psychiatriques. Elle se distingue de l’approche catégorielle (celle du DSM notamment) qui différencie les personnes qui ont un trouble de celles qui n’en ont pas. L’approche dimensionnelle envisage un continuum entre le « normal » et le pathologique. Le trouble est la manifestation extrême d’un processus présent chez tout un chacun. La différence entre le « normal » et le pathologique serait donc une différence d’intensité plus que de nature. Ce type d’approche est également qualifiée de *transdiagnostique* puisque les processus psychologiques mis en évidences peuvent se retrouver dans différents troubles psychologiques, c’est-à-dire dans différents diagnostics.

Approche processuelle et psychothérapie intégrative

Faire un lien direct entre la recherche et son application en psychothérapie.

Les processus psychologiques sont des mécanismes clairement identifiables et mesurables. La recherche scientifique (les *études empiriques*) nous apporte des connaissances sur l’implication de tel ou tel processus dans un trouble. Ex : le rôle de l’évitement dans les troubles anxieux ; le rôle du manque de conscience émotionnelle dans le trouble borderline etc. Cette identification va nous permettre, en psychothérapie, de cibler ces processus, et ce à partir des outils psychothérapeutiques spécifiques développés pour les traiter. Ex : les thérapies d’exposition pour traiter l’évitement dans les troubles anxieux.

L’approche centrée sur les processus va également permettre d’évaluer les mécanismes d’action des thérapies reconnues comme efficaces pour un trouble. Pour répondre à la question : « Qu’est-ce qui fait que telle intervention marche ? » Nous allons nous demander : « Quel est le processus psychologique ciblé par cette intervention psychothérapeutique ? » et « Dans quel mesure l’amélioration de ce processus problématique contribue à la diminution du trouble ? » Ex : si l’on améliore la conscience corporelle est-ce que cela améliore le trouble borderline ?

Une thérapie processuelle est par nature une *psychothérapie intégrative* car elle intègre des outils thérapeutiques issus de différentes approches pour cibler les processus psychologiques spécifiques identifiés. Ex : Dans un trouble de stress post traumatique, j’identifie souvent de l’évitement expérientiel (souvenirs, pensées, émotions) et situationnel, (lieux, personnes, actions…), de la honte, un trouble de l’assertivité… Dans la prise en charge de ce trouble, j’utilise donc en général différents outils : l’exposition au trauma pour cibler l’évitement (avec *l’EMDR* par exemple), *l’autocompassion* (issue de la thérapie fondée sur la compassion) pour cibler la honte, le *positionnement grégaire* (issu de la thérapie neurocognitive et comportementale, TNC) pour cibler le trouble de l’assertivité…

Autonomie & liberté

Des connaissances et outils thérapeutiques pour renforcer l’autonomie et la liberté de penser et d’agir des personnes

Dans les approches processuelles (comme les TCC notamment) nous allons aider les patients à mieux comprendre les troubles dont ils souffrent et les processus impliqués dans ces troubles en faisant de la pédagogie (de la psychoéducation). Quand une personne est traversée d’émotions et de pensées violentes et difficiles et que ses comportements vont à l’encontre de ses aspirations profondes, lui donner des outils de lecture de ces expériences difficiles apporte souvent un premier soulagement. Cela lui permet de comprendre qu’il s’agit de processus humains automatiques, qu’elle n’a pas choisi et qu’elle n’est pas seule à vivre. Ce qui semblait incohérent apparaît alors comme sous-tendu par la logique propre au processus. De telles explications, basées sur des connaissances (validées ou en voie de l’être), permettent de contrebalancer nos tendances automatiques aux interprétations souvent peu cohérentes, peu fondées et peu fonctionnelles.

En tant que thérapeute, en apportant à nos patients des outils de compréhension validés, nous leur transmettons progressivement une part de la conduite de la thérapie avec des outils d’observation et d’analyse, ainsi que des outils pour gérer les processus identifiés, agir sur eux ou mieux vivre avec.

Une approche humanisante

Considérer un trouble psychiatrique même grave comme la manifestation exacerbée d’un processus psychologique humain courant remet ce trouble dans la sphère de notre « commune humanité ». En effet, nous partageons tou.te.s certaines tendances, profondément humaines, mais qui, quand elles sont exacerbées, deviennent pathologiques et peuvent mener à des troubles. Par exemple : nous avons tou.te.s une petite tendance à l’évitement des situations stressantes, mais quand cet évitement est extrême et généralisé, cela peut générer un trouble anxieux. Nous sommes tou.te.s un peu sensibles au rejet des autres, mais dans un trouble borderline ce processus est exacerbé. Cela renvoie à la notion « de commune humanité » (la capacité à considérer nos expériences comme faisant partie de l’expérience humaine partagée), une des composantes de *l’auto-compassion*. L’auto-compassion est un processus très fortement associé à la santé psychique et physique. C’est elle qui nous permet de nous sentir relié.e.s aux autres plutôt qu’isolé.e.s par nos fragilités (qui sont… tellement humaines !).

Avec ce site nous souhaitons également permettre de mieux comprendre les troubles psychologiques pour moins les stigmatiser. Permettre, à notre petit niveau, que la connaissance scientifique (la recherche) et l’expérience clinique (en psychothérapie) puissent contribuer à plus d’ouverture et de tolérance.

BAT ? Un acronyme (Borderline.Anxiété.TCC) et plusieurs clins d’œil. « To have bats in the belfry », littéralement « Avoir des chauves-souris dans le béfroi » se traduirait en français « avoir une araignée au plafond ». Nous avons tou.te.s nos chauve-souris, plus ou moins nombreuses, plus ou moins envahissantes ou invalidantes, présentes de manière plus ou moins fréquente, plus ou moins difficiles à gérer… Cela fait partie de notre « commune humanité ». Par ailleurs, les chauves-souris, seuls mammifères volants au monde, sont de grandes « bio-indicatrices environnementales » : leur présence est signe de la bonne santé de leur environnement. Et puis, face aux violences et injustices du monde, un clin d’oeil à la part de bat-women ou bat-man qui est en chacun.e de nous…

Trouble borderline, troubles anxieux et thérapies cognitives et comportementales

Sur ce site vous trouverez des articles sur deux types de troubles – le trouble borderline (intro TPB) et les *troubles anxieux*- et sur certains outils psychothérapeutiques. Des approches issues notamment des *Thérapies cognitives et comportementales* (TCC), ainsi que certaines approches spécifiques au traitement du trouble de stress post-traumatique. Ces articles se baseront sur l’approche processuelle présentée ci-dessus. Nous proposerons un aller-retour entre les données issue de la recherche et leur illustration et application en thérapie.

Les autrices.eurs : des chercheuses.eurs-psychothérapeutes

Les personnes qui sont et seront amenées à publier sur ce site sont des clinicien.ne.s-chercheuses.eurs francophones animé.e.s par le désir de partager leurs recherches et connaissances scientifiques, ainsi que leur expérience clinique sur les sujets qui les passionnent.

Nous ajouterons progressivement de nouveaux articles. Les *mots entourés d’étoiles* dans le texte renvoient aux articles que nous projetons de publier. Pour être averti.e des nouvelles parutions, vous pouvez nous suivre sur instagram :

Références

  • American psychiatric association, & American psychiatric association (Éds.). (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders : DSM-5 (5th ed). American psychiatric association.
  • Philippot, P. (2016). Chapitre 2. Démêler l’écheveau des processus psychologiques en psychopathologie. In L’approche transdiagnostique en psychopathologie (p. 33‐60). Dunod. https://www-cairn-info.proxy.bib.ucl.ac.be:2443/l-approche-transdiagnostique-en- psychopathologie–9782100750283-page-33.htm
  • Philippot P, Bouvard M, Baeyens C, Dethier V. Case conceptualization from a process‐based and modular perspective: Rationale and application to mood and anxiety disorders. Clin Psychol Psychother. 2019;26:175–190. https://doi.org/10.1002/cpp.2340

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